La romancière Zaïnab Abdallah B. Ali

Zaïnab, voit le jour à Moroni, dans l’île de Ngazidja, aux Comores. Elle est la Fille cadette de Monsieur Abdallah Ben Ali, ingénieur agronome, grand commis de l’État comorien, député et Conseiller spécial du président Ahmed Abdallah Abderemane,

Son enfance se déroule généralement à Ikoni dont est originaire sa mère ; Ikoni est une ville côtière, fief de la pêche artisanale, bourg d’artisans et de forgerons, mais également terre de culture et de théâtre, de vestiges historiques et de traditions ancestrales, parmi les travailleurs et des artisans qu’elle admire pour la richesse de leur vie et les mille qualités de leur savoir-faire auxquelles, sans réserve, elle est déjà tout particulièrement sensible. A Anjouan, dans la ville de Domoni, ancienne cité chirazienne, où es né son père, Zaïnab y retrouve régulièrement ses frères et sœurs pendant ses vacances scolaires. L’atmosphère unique et magique des lieux et les escapades à travers certains endroits pittoresques ont nourri et inspiré son imaginaire.

C’est au début de l’adolescence qu’elle s’initie au théâtre, aux danses traditionnelles et folkloriques, elle découvre en même temps l’écriture à travers le célèbre cahier d’amitié (réseaux sociaux de l’époque), et se met peu à peu à l’écriture de poèmes, en vers rimés comme tous ceux qu’elle apprenait « par cœur » à l’école. Puis, en âge de prendre des responsabilités, elle s’investit avec enthousiasme dans les activités associatives scolaires et villageoises.

A peine âgée de quinze ans, et petite rebelle dans l’âme, elle apprécie la compagnie des jeunes garçons de son âge, et  se mesure parfois à eux. Quelquefois téméraire, Zaïnab  affiche une autorité qui ajoute de la maturité à son visage d’enfant. Alors collégienne, pendant cette période noire du régime sanguinaire d’Ali Soilihi, elle est arrêtée par les milices révolutionnaires et emprisonnée avec ses camarades pour avoir manifesté contre la construction du collège rural en dehors de leur localité. Et depuis elle tient un petit journal intime où elle consigne tous les évènements du jour.

Entre seize et dix-sept ans, lycéenne, elle dispense des cours de soutien scolaire de français à ses camarades, pendant les week-ends et les vacances scolaires, et elle participe également au programme d’alphabétisation des adultes, en donnant des cours, à la fois de français et de shikomori, aux femmes et hommes de son quartier.

En France, elle devient membre d’un club de lecture où elle partage ses lectures à des personnes âgées, elle y tient de séances de lecture et lit des contes aux enfants. Elle se découvre alors une profonde passion pour la lecture et l’écriture. Dès lors, elle dévore les œuvres littéraires contemporaines des écrivaines et femmes de lettres ; de Maryse Condé, Mariama Bâ et Aminata Sow Fall, les africaines, à Simone de Beauvoir, Marguerite Duras et Françoise Sagan, les françaises. Et l’idée d’une écriture d’un livre commence peu à peu à germer dans son esprit.

C’est en 2017, au cours d’une rencontre littéraire, dans sa ville de Lyon, qu’un ami parmi les auteurs présents, lui suggère pour la première fois de se mettre à l’écriture. Elle prend la chose au sérieux, et se met désormais à l’écriture de ce qui va être son premier livre. Soutenue et encouragée, entre autres, par ses amis, ses enfants, ses collègues et bien évidemment ses sœurs, Zaïnab, finit par franchir le pas en confiant son manuscrit aux Éditions Kalamu des îles…

Et une nouvelle ère commence pour cette femme pleine de talents.

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