Un clin d’œil d’Abdillah Saïd Ali

Un clin d’œil pour mon grand frère Baumer,

Le plaisir fut immense lorsque mon ami Patrice m’apprend l’avènement du site d’information Ikoni Djabal Infos.

Pour avoir vécu la même expérience à Lyon avec une association Iconienne baptisée ACTIF, je me délecte de cette tribune où j’ose espérer une floraison de débats, d’analyses et de propositions innovantes dans la perspective de faire bouger notre ville après tant d’années de léthargie sur beaucoup de sujets.

J’aurai très certainement l’opportunité d’apporter ma part de contribution dans les prochains débats qui s’annoncent riches et constructifs.

Mais aujourd’hui je tenais à apporter un complément d’éléments d’éclairage sur le parcours exceptionnel de notre grand frère Athoumani Baumer à qui Ikonidjabalinfos dresse ici le portrait.

Notre grand frère Baumer est une personnalité admirable au regard de son parcours fascinant sur bien des aspects.

Ce qui ressort chez lui comme points saillants, ce sont son humilité, sa disponibilité, son attachement à sa ville, à son pays, son goût immodéré du savoir et de la culture, son esprit patriotique, sa générosité de cœur et enfin ses compétences professionnelles doublées d’une extrême dose de moralité et de rigueur dont il a su faire montre partout où il est passé.

Pendant ses années d’études à l’université d’Aix-Marseille, et lorsque il se trouvait en vacances au pays, à Iconi, auprès des siens, il dépensait la grande majorité de ses loisirs auprès des jeunes scolaires de la ville.

Au cours de cette période, les jeunes collégiens que nous étions, vivions dans l’ambiance des cours du soir et d’animations culturelles que l’UGSI (Union Générale des scolaires d’Iconi ) organisait régulièrement avec courage et brio. L’UGSI était une association très dynamique à la tête de laquelle il y avait le regretté Dr Saïd  Soilihi, Youssouf Mohamed Mzé « Délégué », Kader Abdulhamide, Patrice Ahmed Abdallah et bien d’autres ;

Le grand frère Baumer venait nous donner un coup de pouce le soir au Parendraru au cours de nos répétitions théâtrales et de danses pour la traditionnelle grande soirée théâtrale de fin d’année scolaire ou le jour de l’Aïd el fitr dans la bibliothèque de l’UGSI. Il prodiguait des bons conseils, émettait des avis techniques, évaluait la prestation des jeunes acteurs que nous formions et nous encourageait dans ces activités culturelles et de socialisation pour nous prémunir des trajectoires de la délinquance.

C’est une des plus belles périodes de notre jeunesse où nous apprécions d’avoir des grands frères intelligents et soucieux de notre avenir.

Lorsqu’il a fini ses études en France, il fait le choix de regagner le pays par esprit de patriotisme quand d’autres de sa génération décident d’élire domicile en France.

Nommé Directeur de cabinet auprès du ministre des transports  de l’époque  feu Attoumani Abdou Assimakou, il avait une camionnette blanche de fonction de marque Japonaise (Datsun) dans laquelle presque tous les jeunes lycéens de ma génération étaient transportés pour se rendre au Lycée. Pour être sûr d’avoir une place, il fallait se précipiter pour aller au Parendraru, son lieu de résidence, d’où il partait pour se rendre au travail. D’autres se mettaient en embuscade au Madrasa.

Pour les jeunes Lycéens que nous étions, ce fut une bouffée d’oxygène pour éviter les frais de taxis pas toujours évidents pour beaucoup d’entre-nous démunis tout comme le fait aussi d’échapper au mrekani (marche à pieds) où il fallait passer par le village de Mdé, traverser Caltex pour se rendre enfin au Lycée, souvent extenués sous un soleil de plomb. A l’époque la route de Maluzini n’existait pas.

Tout au long de son parcours professionnel, des différentes administrations à son passage à ASECNA, il a aidé e accompagné de nombreux jeunes d’Iconi et d’ailleurs à s’insérer professionnellement.

C’est un homme extrêmement humble sachant cohabiter avec tout le monde que l’on soit cadre, diplômé ou démuni, riche ou pauvre.

Baumer est un homme qui aime se remettre en question en se formant autant de fois dès que l’opportunité se présente, après ses études supérieures. C’est ce qui me fascine chez cet homme qui ne se lasse jamais d’apprendre et d’accumuler les diplômes sans en faire le moindre étalage.

Son parcours professionnel sur le plan national et international a démontré son efficacité en termes de compétences, d’exigence et d’intégrité morale. 

Vis-à-vis du grand mariage, Baumer s’est nettement distingué en s’y opposant avec constance et arguments.

D’abord, c’est un économiste financier qui voit dans cette pratique une source de dépenses et de sacrifices inutiles. D’un point de vue religieux et éthique, il considère qu’on est sur des pratiques très décalées et ruineuses.

La place prépondérante qu’occupe le Grand mariage aux Comores est devenue très préoccupante car voici une pratique stupide qui donne à toute personne ayant le statut de notable, le droit de diriger nos villes ou villages qu’elle soit capable ou non. Nos villes et villages respectifs sont souvent aux mains de jeunes gens sans la moindre réussite personnelle à leur actif et à qui on confie injustement notre sort collectif. De nombreuses décisions hasardeuses sont prises sans le moindre consensus. 

Comment peut-on s’attendre à une quelconque dynamique de développement endogène dans nos villes et villages dans un contexte de banalisation, de marginalisation et de mépris généralisé des experts et de notre élite au profit des grandes gueules et des pratiques désuètes.

Notre grand frère, tout en respectant ceux qui ont fait le choix de réaliser le grand-mariage, observe une position personnelle face à cette pratique coûteuse et sans intérêt aucun pour le pays.

Mon souhait le plus profond c’est que nos ainés et les jeunes d’iconi se ressaisissent de ces sujets pour redresser cette ville qui a tous les talents pour se hisser à un niveau de développement viable et enviable.   

Abdillah SAID ALI, depuis Mayotte

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