Anli Mahamoudou le Conseiller pédagogique

Interview du Président du Conseil d’Administration de l’Union des Meck nouvellement élu le 29 décembre 2019

Ancien Commissaire à l’Environnement et porte-parole de l’Exécutif de Ngazidja de 2015 à 2016, et aujourd’hui Conseiller Pédagogique à la CIPR de Ntsoudjini (Circonscription d’Inspection Pédagogique Régionale) , M. Anli Mahamoudou , représentant de la Meck Ikoni, est élu par l’ensemble des représentants des Mecks régionales, président du Conseil d’Administration de l’Union des Meck.
Il a accepté de répondre à nos questions et il nous a fait l’honneur de nous confier ses premières impressions à cette nouvelle mission.

IKO: On vient de vous élire Président du Conseil d’Administration du réseau MECK quelle est votre première réaction ?

Permettez-moi tout d’abord de remercier les élus des Meck de base et de l’Union des Meck pour la confiance qu’ils m’ont témoignée. Je suis profondément touché du grand honneur qu’ils m’ont fait pour me porter à la tête de la première institution financière des Comores. Je leur dis que cette victoire est la victoire de tout un chacun de nous. Car, je compte collaborer avec tous les acteurs sans distinction aucun dans l’exercice de mon mandat pour insuffler une nouvelle énergie au réseau.

IKO: Quelles sont les premières mesures que vous allez prendre dès que vous prendriez votre fonction ?

Je sais pertinemment qu’assumer la fonction du PCA de l’Union des Meck est une lourde mission. Je suis également conscient que la tâche qui nous attend est très rude. Parce que nous devons suivre l’évolution du réseau. Actuellement, l’Union des Meck compte 110 000 membres répartis dans 14 Meck et 11 points de services en Union des Comores.
Ainsi, la première des choses est d’écouter le personnel et les élus des Meck de base et de l’Union afin de mieux connaître ce qu’ils attendent du CA et mieux identifier leurs aspirations. C’est dans cette approche que le Conseil d’administration va élaborer sa feuille de route pour orienter son action.

IKO: Quelles sont les stratégies développées par le réseau Meck pour pouvoir occuper cette première place du marché financier des Comores ?

Nous devons comprendre que les Meck ont une double mission : une mission sociale et commerciale. L’intérêt est d’aider la population à améliorer leurs conditions de vie sociale et économique. Cela veut dire que nous étions dans l’obligation de mener une politique de rapprochement des Meck auprès de la population, en élargissant la couverture du réseau et en ouvrant des Meck et des points des services dans les milieux ruraux. Car, Il n’y aura jamais eu de développement ni d’innovation dans un système économique centralisé et bureaucratique.

En outre, nous avons allégé les conditions de prêt afin de permettre un large public d’accéder à nos crédits facilement. En ce sens, nous leur proposons des multiples prêts à savoir : crédit de pêche, crédit d’investissement, crédit commercial, crédit msomo, crédit coup de pouce, prêt scolaire et j’en passe. Tout ceci dans le but de pouvoir lutter efficacement contre la pauvreté et encourager l’économie du marché par la décentralisation de notre réseau Meck. Donc, notre ultime combat est de favoriser l’inclusion financière de la population et encourager la liberté d’entreprendre. Il n’y a pas de honte à proposer aux jeunes de se regrouper pour créer des entreprises respectables, créateurs des richesses, d’emplois et de développement fiable. Par conséquent, c’est l’investissement qui nous permettra de réussir sur ce grand chantier
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IKO: Quels sont les principaux défis à relever ?

Il nous faut, en premier lieu, renforcer notre package de prêt en proposant des nouveaux produits afin d’inciter les jeunes à créer leurs propres entreprises. C’est ainsi que nous allons encourager véritablement la création des entreprises garantissant des perspectives d’emplois aux jeunes. C’est dans cette voie que nous constituerons une base solide de développement. C’est dans cette voie que nous pourrons faire de la croissance économique.
En deuxième lieu, mettre en œuvre les recommandations faites lors de l’atelier tenus au Golden Tulip le 09 novembre 2019. Cet atelier a bien défini les orientations fondamentales et les mesures que le réseau doit entreprendre pour améliorer son fonctionnement quotidien.
En troisième lieu, nous avons l’obligation d’amener nos élus et notre personnel à connaître la loi bancaire, les textes qui régissent les règles de fonctionnement interne de notre institution. Sur ce, nous allons mettre en place des cycles de formation à l’endroit des acteurs du réseau dans l’intérêt de pouvoir améliorer leurs compétences et renforcer les bonnes pratiques dans nos Mecks.
En quatrième lieu, nous allons créer des nouveaux outils et produits qui peuvent générer des recettes pour renforcer la caisse de l’Union des Meck afin de la rendre plus solide et profitable pour tous les Meck de base.
En cinquième lieu, dans la mesure où tout évolue tout aussi doit être relatif. Cela veut dire que nous devons envisager des reformes d’ordre structurelle et institutionnelle en complétant le dispositif juridique existant par la création d’une loi régissant le mécanisme de fonctionnement du réseau de la microfinance aux Comores. Ceci pour pouvoir adapter le fonctionnement du réseau de la microfinance aux Comores par rapport aux nouvelles donnes politiques économiques mondiales.

IKO: Avez-vous un dernier mot à dire pour conclure ?

Le réseau a déjà tracé un parcours très ambitieux. Car il est identifié aujourd’hui comme la première institution du marché financier du pays. C’est le résultat d’un travail effectué, durant plusieurs années, par des hommes et des femmes animés par le sens de la réussite et l’esprit de bien vouloir accomplir leur devoir. Cela est devenu possible sous la direction de l’équipe dirigeante, conduite par M. Assoumany Aboudou, unie par la volonté de vouloir faire asseoir dans le pays un réseau plus performant et compétitif dans le marché financier de la place.

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