Professeur Aboubacar Ben Saïd Salim

Aboubacar Said Salim

Né le 9 mai 1949 à Moroni, Aboubacar Saïd Salim a suivi des études supérieures de Lettres modernes en France (à Pau, Bordeaux et Paris puis par correspondance à La Réunion).

Il est membre fondateur du Club Kalam et du Cercle Pohori pour la promotion et la diffusion de la poésie comorienne.

Poète, il publie à compte d’auteur en 1990 son recueil Crimailles et nostalgie qu’il retravaille plus tard pour publier Mutsa, mon amour… en 2014. Romancier engagé, il est l’auteur du Bal des mercenaires (dont le premier titre était Mort pour un « i ») ainsi que d’Et la graine…, sur les crises sociopolitiques aux Comores, notamment sur la grève des étudiants en mars 1968.

Militant de gauche, il est emprisonné et torturé sous le régime des mercenaires au milieu des années 1980. Libéré, Aboubacar Saïd Salim travaille dans l’administration publique ainsi que dans l’enseignement (collèges et lycées). Il est aussi connu pour ses billets d’humeur dans la presse nationale et pour son émission télévisée littéraire « Livres à palabre ».

Retraité depuis le début des années 2010, il vit à Ikoni sur l’île de Grande Comore. Doyen des écrivains comoriens, Aboubacar Saïd Salim compte parmi ses anciens élèves de lycée de jeunes auteurs, tel Halidi Allaoui, poète et avocat, dont il a préfacé les recueils.

– Linda Rasoamanana

LE BAL DES MERCENAIRES

 

Dans ce roman, l’auteur aborde, à travers une histoire d’amour, le poids des traditions villageoises et la confrontation de celles-ci aux murs citadines; le tout, sur un fond de violences.
Miloude et Mkaya, les deux figures symboliques du roman, s’aiment et veulent s’unir pour la vie. Seulement voilà : Mkaya est officiellement promise par ses parents à Mwendaraya, un vieux magnat de la pêche. Le secret de l’amour des deux adolescents est dévoilé et provoque un scandale dans le village.
Pour sauver l’honneur de la famille, les frères de Mkaya décident, avec la bénédiction de leur père, d’éliminer Miloude. Mais, celui-ci réussit à s’enfuir à Niorm, la capitale de la République Fédérale Islamique Des Kavu.
A Niorm, Miloude se rend compte que son pays est sous le contrôle total d’envahisseurs étrangers – des mercenaires – qui font et défont les présidents et rendent la vie impossible. En faisant face à la présence de ces mercenaires, il prend conscience que la libération de son pays est une condition nécessaire pour l’épanouissement de sa propre liberté.
Par cette fiction, il n’entend pas entretenir le mal mais l’exorciser.
Le courage, la sincérité et le talent d’Aboubacar Saïd Salim font de ce roman une oeuvre magistrale.

Et la graine… est un vrai roman consacré à un événement historique : la grève de 1968.

Adieu liberté, adieu égalité, adieu fraternité de nos beaux manuels d’histoire. Adieu Kant, Descarte, Pascal. Bonjour lieutenant Walker ! Seul philosophe accoucheur de vérité coloniale, palpitante, seul poète mage danst on bel uniforme flambant neuf aux galons dorés.

Tu nous transformas, par la magie des armes et du verbe, en vers, beaux vers noirs rampants et luisants de sueur qui soulevaient sûrement en toi une émotion esthétique inconnue.

Résumé:

En 1968, après la chute d’un avion à Moroni, les élèves du lycée plongent dans lamer, au risque de leur vie pour sauver les passagers. Un journaliste français de radio-Comores, M. Sallas a osé dire le soir aux informations que pendant que les colons essayaient de sauver les gens, les Comoriens faisaient les poches des morts.

Les élèves du lycée sont les premiers à réagir à ce qu’ils considèrent comme une insulte à toute une nation. Malgré les intrigues du président Samachek et surtout de son Directeur de Cabinet Gras-de-sol, les élèves organisent des manifestants, et décident de faire le tour de la Grande-Comore pour expliquer au peuple les raisons de leur colère et demander son soutien.

Laisser un commentaire