La question de Mayotte tue toujours

La vraie difficulté, comme souvent en politique, n’est pas dans le quoi faire? Mais dans le comment faire ?

La question de Mayotte est trop verrouillée sur elle-même pour susciter une importante solution. Mayotte après l’accession des îles Comores à la souveraineté et reconnaissance internationales, reste toujours sous l’administration française, au vu des résultats du referendum de 1974 pour l’indépendance des îles Comores. Plusieurs gouvernements en France, de gauche ou de droite, se sont succédés, mais les politiques menées vis-à-vis de l’île comorienne de Mayotte restent plus ou moins relatives. Le statut juridique de l’île comorienne de Mayotte demeure toujours d’actualité aux yeux de la communauté internationale.

Cependant l’introduction du système de visa par le gouvernement d’E. Balladur dans les années 1990 n’a pas arrangé la situation où des centaines d’Âmes comoriennes périssent noyées dans les côtes des îles de Mayotte et d’Anjouan. Et l’absence de mesures concrètes, de la part des autorités françaises et comoriennes, face à ce drame humain, tue, chaque année, des centaines de comoriens d’Anjouan dans les côtes mahoraises. La question n’est pas d’apporter de responsabilité politique mais de proposer une issue honorable à la question.

Depuis le veto français de 1976 contre une résolution Onusienne de réintégrer Mayotte à l’État comorien, la question mahoraise reste une affaire franco-comorienne et peu introduite aux nations-unis vu la place de la France au sein du conseil de sécurité. Les autorités de deux pays pensent qu’elles seules ont le droit et les possibilités de définir une politique de rapprochement, de réintégration voire d’unification des îles. Or un élément indispensable demeure, à savoir la volonté de la population comorienne de Mayotte qui reste majoritairement réticente à toute idée de réintégrer les autres îles sœurs. Mais la vraie raison pour laquelle Mayotte reste toujours française réside dans le manque de volonté de la part de la France de se séparer d’une île militairement stratégique pour ses ambitions de grande puissance dans la région, et non, comme le prétendent certains politologues, d’un refus catégorique de la population de Mayotte de réintégrer un archipel divisé, dans lequel règne un parfum de séparatisme ambiant, où le système politique, le niveau de vie, les violentes et incessantes luttes de pouvoir gangrènent encore et toujours la vie de la population.   Aussi, les Comoriens n’ont aucun intérêt à aspirer uniquement à la réintégration prématurée de Mayotte dans l’État comorien.

La réintégration de Mayotte doit être envisagée d’après un système social, économique, politique raisonnable et judicieux, notamment par les champs ouverts par l’actuelle constitution. Toutefois un accompagnement de la France est indispensable par des mesures d’assistances économiques, sociales et par la voie de l’ouverture dans un délai raisonnable des relations économiques à savoir une politique inter -îles de libre-échange commerciale afin d’envisager en temps réel un équilibre économique, social des niveaux de vie en vue de développer l’ensemble des îles sans rompre le statu quo de Mayotte. Car la question n’est immédiatement pas de suspendre le visa comme certains le pensent. Mais de les créer ci-après conditions nécessaires à l’établissement des contacts directs entre les sociétés civiles des îles.

Pour cela les gouvernements français et comorien doivent exprimer leur détermination à réaliser la réintégration de Mayotte en tenant compte des conditions concrètes de Mayotte héritière de l’administration française, en y respectant certaines mentalités de même que les opinions des personnalités de divers milieux mahorais. Les politiques doivent notamment adopter des politiques et des mesures justes pour la réalité des îles et raisonnables pour que les habitants de Mayotte ne subissent pas de perte à tous les niveaux. Enfin, c’est à travers ces idées fortes et intelligemment menées, que se trouve la solution pour effacer toutes les tragédies qui ont frappé les Comores. «L’histoire des Comores a toujours montré, un attachement au principe d’un seul archipel, mais seules les inégalités économiques nous distancent et l’histoire constitue la base de notre avenir commun.»

vive les Comores

Proposé par Bacari Hamadi, Alias Walad.

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