Ikoni et son emblématique Place Parendraru

Cette place hautement historique et symbolique a vu grandir ses enfants tous passés par le moule de l’école primaire Parendraru dont le rôle de scolarisation et de socialisation qu’elle a pleinement rempli, a permis à de nombreux Iconiens de s’émanciper et de changer le cours de leur vie.

Dans l’arrière-cour de l’école primaire se trouve le terrain de Basket Ball qui a vu exceller Djabal Basket sous l’autorité du charismatique et emblématique entraineur Fundi Carnet. Djabal Basket faisait partie du cercle très fermé des meilleures équipes de Basket au plan national capable de bousculer et de remporter de nombreuses victoires contre des monstres sportifs sacrés comme l’Amisco et le Papillon bleu de Moroni et bien d’autres.

Cette équipe de Basket était la fierté de notre ville du fait des immenses talents qu’elle regorgeait. Je pense tout naturellement à Abbas, Pécosse, Redon, les regrettés Docteur et Hakim, Youssouf Ali Djaé, Dila, Matchuwa, Djawandru, et j’en passe. Il y avait aussi cette équipe féminine du Djabal Basket portée par ces jeunes filles brillantes et  belles qui nous faisaient vibrer. Il s’agit de Mesdemoiselles Tahiti, sa sœur Amina (la femme de Hassan Said), l’emblématique capitaine Ichata Django, Mbwandzaya, Amina Chirika etc…

Faire ce clin d’œil à ces jeunes sportifs qui ont marqué l’histoire sportive de notre ville est un devoir ne serait-ce que pour leur témoigner notre part de reconnaissance d’avoir contribué à promouvoir une image positive de notre ville à travers le Sport pour certains, la musique pour d’autres. 

A quelques pas de là, se trouvait également la grande salle de spectacle de l’UGSI (Union Générale des Scolaires d’Iconi) dans laquelle se déroulaient des pièces de théâtre, des séances de danse traditionnelles, des cours de soutiens scolaires et d’autres manifestations associatives.

Des beaux souvenirs nous rattachaient à cette place extrêmement chargée d’histoires et d’anecdotes multiples !

Place de Parendraru
Stade Karnet

Sur le site de Parendraru s’y déroulaient tous les rendez-vous de Toirab de nos orchestres de musique. De Nourel Djabal, Hibati El watan et Pêche Musique sans oublier les Djaliko et les Sambe, les Kermesses et les meetings politiques.

Ah que c’était beau et nostalgique de participer à ces spectacles culturels au cours desquels nous avons vu s’exprimer une diversité de talents artistiques et oratoires.

Je me rappelle encore ces brillants artistes compositeurs qui nous ont bercés avec ces chansons mémorables enfouies à jamais dans un coin de nos têtes. Toutes ces personnalités ont chacune contribué à l’épopée du Nourel Djabal  avec comme principaux artisans notre célèbre Hassanati, la voix plus que d’or avec son tube « Siri hutamani rangu yezamani udje ha amani » chanson louant le régime Ahmed Abdallah qui a libéré le pays du régime d’Ali Soilih,  le regretté Abou Mzehemou (un passionné de musique au talent extraordinaire), le regretté Yaya, un compositeur talentueux, aux nombreuses chansons devenues des vrais tubes : « Mwana mche uneleze eheli wakaya djana », les chanteurs comme Hassani Youssouf, Nassor devenu Nassadjah artiste international, Mohamed Soulé Mouigni Halwa, Patrice Rajab ( Ahmed Abdallah), les guitaristes Ahmed Said Soilih, Ahmed Saïd Bacar et Youssouf Ali Djaé, le compositeur Ahmed Darouèche, le batteur Hachim Said Nassur, le bassiste Archak, le regretté Akim Saindou, un chanteur à la voix de cristal et Maître Ize, prince des nuits twarabesques parisiennes. Il y avait aussi cet animateur au talent oratoire extraordinaire que fut Hadji Bourhane sans oublier nos légendaires violonistes feu Miradji Soulé, Tino Soilihi, Bacara Djaé, Mbaba Farouk, Idi Issilamou dit Kawaza, Abdourahmane Said Mouhtar, Diguerra, Ali Mohamed Abdallah ( Fundi Mombasa) qui ont su brillamment manager et accompagner cette belle aventure entrée dans les annales de la musique à la fois à l’échelle locale que sur le plan national 

Maîre Ize
Nour El Djabal

Je me souviens de la magie opérante de ces Toirab où en petits groupes d’amis nous faisions des allers et retours autour du bâtiment de l’école primaire à la conquête d’une charmante nymphe emmitouflée dans un lesso brillant de couleurs et que nous abordions en toute discrétion pour ne pas éveiller des soupçons et les mettre en difficultés. Je me rappelle toute cette angoisse qui nous rongeait à l’idée de voir s’achever le Toirab sans réussir à conclure un flirt.

Les meilleurs Toirabs étaient ceux où d’autres orchestres de musique étaient invités pour se produire faisant durer l’ambiance musicale jusqu’à l’appel de la prière matinale.

Ainsi va la vie sur la place Parendraru. Beaucoup de gens de ma génération ont ces souvenirs gravés dans leur mémoire. Les moins jeunes qui n’ont pas connu la chance de vivre cette belle époque doivent aussi comprendre que nous avons vécu très heureux sans télé, ni téléphone portable ni internet. Être heureux est une question d’état d’esprit et non d’abondance matérielle ou financière. C’était, il y a très longtemps !

 

 

Par Abdillah SAÏD ALI

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