ADIEU Fakridine Youssouf Abdulhaliki

« Mwana wa baraka »

Fakriddine Youssouf Abdoulhalik, ancien secrétaire de l’Uccia (Union des chambres de commerce et d’industrie) et Membre du Comité de Normalisation pour la FFC, nous a quittés ce 28 janvier 2021, aux Comores.

La disparition de notre frère et ami de promotion, le regretté Fakridine Youssouf Abdulhaliki sonne chez moi comme le glas d’un cycle que je croyais à tort, éternel.

La mort t’a arraché de ce bas monde sans que l’on ait pu se dire au revoir. C’est un déchirement ! Mais c’est aussi notre destin commun auquel personne n’y échappera quand bien même d’aucuns semblent oublier cette terrible évidence.

Je t’ai connu depuis le Lycée jusqu’à notre départ en France par le biais d’Ali Cheikh Ahmed qui fut ton alter égo de toujours. Le hasard a voulu qu’il soit là quand devait intervenir la fin de ton contrat de passage d’ici-bas. C’est la marque d’une fraternité authentique !

De toi, je conserve des souvenirs indélébiles dont la caractéristique centrale est ton attachement et ta passion pour ta patrie. Dans nos discussions au cours desquelles nous refaisions le monde, tu étais profondément optimiste pour le décollage de notre pauvre et misérable pays quand de mon côté, je te trouvais un peu lyrique et excessif d’optimisme. J’ose espérer te donner un jour raison si Dieu me prête encore vie. Mais au total, je retiens de toi, ce jeune garçon plein d’allant, attachant, patriote et doté d’une finesse d’esprit.

Nos rares moments de retrouvailles, je les vivais avec saveur tant la qualité de nos échanges était intellectuellement stimulante. Tu avais une pertinence d’esprit et un sens de l’humour et de l’autodérision que j’enviais par sa subtilité et sa douceur.

Ton humilité, ton charme, ton immense respect et ta générosité nous obligeaient naturellement à t’aimer et à te respecter. Et pourtant, pour ceux qui ne te connaissaient pas, tu étais un garçon bien né, issu d’une des familles les plus respectées et nobles de la capitale Moroni.

Avec un pareil pedigree, tu aurais pu faire comme beaucoup d’autres, montre d’un mépris de classe. Ce qui n’était pas ton genre. Au contraire, ta simplicité légendaire, tes qualités humaines et relationnelles ont fait de toi un homme accessible, prompt à parler à tout le monde quel que soit le milieu social des gens que tu côtoyais.

Le militant et homme engagé de tous les combats sociétaux que tu étais, laissera des traces indélébiles dans nos cœurs car c’est la marque du courage citoyen et de l’amour de sa patrie. Comme nous autres, tu pouvais mener ta vie professionnelle en France ou à l’international comme nous sommes nombreux de ta promotion à l’avoir fait. Or, tu as résisté à cette tentation de la facilité par amour de ton pays et de tes racines. En cela, je contracte envers toi une véritable dette de reconnaissance.

Mon cher ami et frère, toute mon enfance a été bercée par la mythique et célèbre chanson que t’a dédiée ton poète et talentueux papa « Mwana wa baraka », une chanson qui priait le meilleur pour tous les enfants des Comores. Effectivement, son vœu pour toi, a été exaucé, car tu fus véritablement un « Mwana wa baraka ». Tu as su de ton vivant, honorer ta lignée et ton rang social au travers de ton comportement et de ta conduite qui n’ont jamais fait l’objet de la moindre discussion du point de vue éthique et moral.

Ta famille et tes amis sont fiers de toi à jamais. Repose en paix, cher frère. Que Dieu te bénisse et apaise ta famille si durement éprouvée et à qui se tournent nos pensées toutes émues et nos prières.

Ton frère d’Iconi Abdillah SAÏD ALI.